Traitement de la gonorrhée : la ceftriaxone reste le premier choix

La résistance de Neisseria gonorrhoeae reste un point d’attention important dans le traitement de la gonorrhée. Les données du Laboratoire national de référence pour 2025 montrent que la ceftriaxone conserve presque entièrement son activité : 99,9 % des 1 052 isolats testés étaient sensibles et un seul isolat (0,1 %) était résistant. En revanche, la résistance à la ciprofloxacine (65,5 %) et à l’azithromycine (23,2 %) est élevée. Ces résultats confortent la stratégie belge actuelle consistant à traiter la gonorrhée non compliquée par une dose unique de 1 g de ceftriaxone par voie intramusculaire.

Partager cet article via :

Quelle est la place de la doxycycline ?

Le guide BAPCOC 2026 recommande, pour le traitement empirique de l’urétrite, 1 g de ceftriaxone IM en dose unique + 100 mg de doxycycline 2 fois par jour pendant 7 jours. Toutefois, en cas d’infection gonococcique confirmée pour laquelle une infection à chlamydia a déjà été exclue, l’ajout de doxycycline n’apporte aucune valeur ajoutée au traitement de la gonorrhée elle-même.

La doxycycline ne doit donc pas être considérée comme une alternative à la ceftriaxone contre N. gonorrhoeae. Selon les données du laboratoire de référence, 86,6 % des 202 gonocoques étudiés étaient résistants à la tétracycline. Ce pourcentage ne peut pas être directement assimilé à un taux de résistance à la doxycycline. Il illustre toutefois la forte prévalence de la résistance à la tétracycline chez N. gonorrhoeae. La doxycycline n’est donc pas un traitement recommandé de la gonorrhée et n’est ajoutée, en cas de gonorrhée, que lorsqu’une infection concomitante à C. trachomatis doit être traitée.

Que faire en cas de suspicion d’échec thérapeutique ?

En cas de persistance des symptômes après le traitement, il faut envisager aussi bien une réinfection qu’un véritable échec thérapeutique, notamment lié à une résistance. En cas de symptômes persistants 3 à 7 jours après la fin du traitement, la recommandation belge préconise une culture à partir de prélèvements de tous les sites anatomiques pertinents, avec détermination de la sensibilité aux antibiotiques. Si la culture est négative, une PCR est recommandée 14 jours après la fin du traitement.

Un test de guérison (« test of cure ») n’est pas systématiquement nécessaire après un traitement adéquat de la gonorrhée non compliquée par ceftriaxone. Un test de contrôle est en revanche recommandé en cas de grossesse, de traitement non conforme à la recommandation ou de suspicion d’échec thérapeutique. Chez un patient asymptomatique pour lequel un test de guérison est indiqué, une PCR est réalisée quatre semaines après la fin du traitement. Si la PCR est positive, un prélèvement pour culture avec antibiogramme doit être effectué avant tout traitement supplémentaire.

Notification aux partenaires

Les partenaires, notamment sexuels, doivent également être informés d’une éventuelle exposition à une IST. Le site www.partneralert.be permet une notification anonyme aux partenaires. Le médecin traitant peut générer sur ce site un code permettant au patient ou à la patiente d’avertir anonymement ses partenaires, notamment sexuels.

En pratique

  • Traiter une gonorrhée confirmée par 1 g de ceftriaxone IM en dose unique.
  • Ajouter 100 mg de doxycycline 2 fois par jour pendant 7 jours lorsqu’une infection concomitante à chlamydia est confirmée ou n’a pas encore été suffisamment exclue ; ne pas utiliser la doxycycline pour traiter la gonorrhée elle-même
  • En cas d’échec thérapeutique, une culture avec détermination de la sensibilité aux antibiotiques est indiquée avant de commencer un traitement supplémentaire.
  • Données de résistance de Neisseria gonorrhoeae pour 2025 du Laboratoire national de référence (IMT)
  • KCE, Diagnosis and management of gonorrhoea and syphilis, mise à jour 2023 (KCE Report 371)
  • BAPCOC, Guide belge de traitement anti-infectieux en pratique ambulatoire, édition 2026
  • European guideline on Chlamydia trachomatis infections, 2025 ; OMS, recommandations actualisées pour le traitement des IST, 2024.

Crédits des images :

  • Hero : Drug-resistant Neisseria gonorrhoeae, Alissa Eckert (illustratrice médicale), CDC – Public Health Image Library, ID 16874. Domaine public.
  • Quelle est la place de la doxycycline ? : photo de Christine Sandu via Unsplash.
  • Que faire en cas de suspicion d’échec thérapeutique ? : GC Culture, Graham Beards via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0.
    Notification des partenaires : photo de Kelli McClintock via Unsplash.

Vous préférez une version imprimée ?

Souhaitez-vous lire cet article tranquillement sans écran, le consulter hors ligne ou le partager avec vos collègues ? Via le bouton ci-dessous, vous pouvez le télécharger en PDF et l’imprimer selon vos besoins.

Autres articles pertinents

Plateforme renouvelée : Partneralert.be facilite la notification des partenaires en cas d’IST

L’impétigo en progression

Mpox: la situation épidémiologique en Belgique nécessite une vigilance accrue

Restez informé !

Laissez vos coordonnées et recevez directement dans votre boîte mail les dernières actualités et les articles pertinents de notre laboratoire.